 | |  | | OPINION | Imprimer cet article | |  |  |  |  |  |  | | | La prétendue connexion entre les difficultés économiques et la criminalité ne tient plus.
| | |  |  |  | Démolition d’une théorie du crime
SOCIÉTÉ Si la pauvreté est la cause profonde de la criminalité, pourquoi les taux de criminalité sont-ils au plus bas alors que les taux de chômage sont au plus haut ?
La récession de 2008-2009 a discrédité l’une des théories sociales les plus destructrices qui soit sortie des années 1960 : l’idée que les causes profondes (« root cause ») de la criminalité résident dans l’inégalité des revenus et dans l’injustice sociale. L’économie ayant entraîné une suppression massive d’emplois en 2008, des criminologues et experts ont prédit que le crime exploserait, car la pauvreté serait, selon cette théorie, la cause profonde de l’augmentation des criminels. Pourtant, c’est le contraire qui s’est passé. Après sept millions d’emplois perdus, la criminalité a chuté à son plus bas niveau depuis le début des années 1960. Les conséquences de cette baisse sur la façon dont nous comprenons l’ordre social sont importantes. L’idée que la criminalité serait une réaction compréhensible à la pauvreté et au racisme s’est développée dans les années 1960. Les sociologues Richard Cloward et Lloyd Ohlin ont défendu l’idée que la délinquance juvénile serait essentiellement une forme de critique sociale. Une jeunesse pauvre et minoritaire aurait compris que la promesse américaine d’ascension sociale était une imposture. Ces adolescents désillusionnés se seraient alors tournés vers des actes criminels par dépit.
Des décideurs politiques sous influence
Les théories avancées par Cloward, qui a passé sa carrière à la Columbia University, et Ohlin, qui a servi les présidents Kennedy, Johnson et Carter, ont fourni une base intellectuelle pour un grand nombre de programmes sociaux de l’époque. Depuis la « Mobilization for Youth dans le Lower East Side de Manhattan » en 1963 par le Federal Office of Economic Opportunity, en passant par une foule de projets d’assistance au travail, leurs idées ont été transformées en politique. Si la criminalité est une réponse à l’inégalité des revenus, l’idée s’est imposée que le gouvernement pourrait mieux la combattre au moyen des services sociaux et de la redistribution des richesses, et non par des arrestations et des incarcérations. Même les forces de l’ordre en sont venues à embrasser la théorie des « causes profondes », les dispensant de remédier à l’anarchie croissante. À la fin des années 1980, le rapport annuel du FBI sur la criminalité nationale comprenait cet avertissement que « l’homicide criminel est essentiellement un problème de société sur lequel la police n’a aucun contrôle ». On a dit que la police ne pouvait réagir à la criminalité qu’après les faits ; la prévention relevant exclusivement du domaine des programmes gouvernementaux d’aide sociale. Les années 1960 ont été par elles-mêmes un défi à la thèse du crime causé par la pauvreté. Les homicides ont ...
Pour accèder à la totalité de l'article, devenez membre du club des abonnés. | | | | | | |
Imprimer cet article |
|  |