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  No.213 - SEPTEMBRE 2007
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>Joël de Rosnay : « La révolte du pronétariat »
La montée en puissance du Web face aux médias traditionnels
> MAURICE
Nokia lance sa suite Intellisync
  
E-BUSINESS| MAITRISER LES ENJEUX Imprimer cet article
« La production massive et collaborative d’informations numériques par le pronétariat représente une révolution aussi importante que celle du début de l’ère industrielle, symbolisée par la machine à vapeur puis par la mécanisation et l’automatisation Intensives. »
>Joël de Rosnay : « La révolte du pronétariat »
La montée en puissance du Web face aux médias traditionnels

Dans son livre « La révolte du pronétariat » (1), écrit en collaboration avec Carlo Revelli, Joël de Rosnay (2) prévoit la montée en puissance du Web 2.0 et des blogueurs face aux médias traditionnels qui ont beaucoup perdu en crédibilité.

Les citoyens du monde sont en train d’inventer une nouvelle démocratie. Non pas une « e-démocratie », caractérisée par le vote à distance via Internet, mais une vraie démocratie de la communication. Cette nouvelle démocratie, qui s’appuie sur les « médias des masses », émerge spontanément, dynamisée par les dernières technologies de l’information et de la communication auxquelles sont associés de nouveaux modèles économiques. Ni les médias traditionnels, ni les hommes politiques n’en comprennent véritablement les enjeux. Les médias des masses, seuls véritables médias démocratiques, vont radicalement modifier la relation entre le politique et le citoyen et, par voie de conséquence, avoir des impacts considérables dans les champs culturel, social et politique. Les internautes commencent seulement à réaliser à quel point le Net du futur va leur permettre d’exercer leur pouvoir, si tant est qu’ils parviennent à se montrer solidaires et organisés. Le modèle industriel traditionnel a placé le pouvoir entre les mains d’élites ou de grandes familles propriétaires du capital financier et de production. Ces classes de capitalistes riches et puissantes ont par la suite cherché à transposer ce modèle à la société de l’information. Or, les règles du jeu ont changé. L’accumulation du « capital informationnel » – représenté notamment par les savoirs, les connaissances, les contenus, les informations stratégiques accumulés dans des bases de données, des bibliothèques, des archives – se fait aujourd’hui de manière exponentielle.

Les lecteurs et usagers passifs prennent part à la création
La création collaborative ou la distribution d’informations de personne à personne, contribuant à l’accroissement de cette nouvelle forme de capital, confèrent donc de nouvelles prérogatives aux utilisateurs, jadis relégués au rang de simples « consommateurs ». De nouveaux outils « professionnels » leur permettent de produire des contenus numériques à haute valeur ajoutée dans les domaines de l’image, de la vidéo, du son, du texte, jusque-là traditionnellement réservés aux seuls producteurs de masse, détenteurs des « mass media ». Dans la société de l’énergie, essentiellement fondée sur la production, la distribution et la consommation de biens matériels - grâce principalement à l’exploitation des énergies fossiles non renouvelables ou nucléaires -, les capitalistes détiennent les moyens de production et de distribution. Ils peuvent investir en capital (financier, matériel, humain) et contrôler l’usage et les bénéfices de leurs investissements. Ils réalisent des « économies d’échelle » en créant des usines et des réseaux de distribution pour produire à des coûts toujours plus bas et vendre au plus grand nombre, en dégageant des marges et des profits assurant la croissance économique et la rémunération des actionnaires.

Une révolution aussi importante que celle du début de l’ère industrielle
Le prolétariat est, selon Karl Marx, la force de travail utilisée par les propriétaires du capital de production. À l’origine, dans les sociétés antiques méditerranéennes, le terme désignait les travailleurs qui disposaient de leur lignée pour toute ...


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