 | |  | | ECONOMIE & SOCIÉTÉ| RÉUNION | Imprimer cet article | |  |  |  |  |  |  | | | Au cours des deux dernières années, nous avons accueilli deux nouveaux syndicats dans notre mouvement, passant ainsi de 20 à 22. Comme en parallèle nous avons 300 adhérents directs nouveaux, ce qui est colossal, nous représentons plus de 3 000 entreprises réunionnaises. | | |  |  |  | François Caillé, patron des patrons réunionnais « L’union des forces économiques s’impose »
Entre bilan à mi-parcours de son mandat à la tête du Medef réunionnais et grands dossiers stratégiques pour l’île, François Caillé se pose en ardent défenseur de l’union des forces économiques locales, impérative selon lui pour faire entendre la voix du département français de l’océan Indien à Paris comme à Bruxelles.
L’Eco austral : Quel bilan d’étape dressez-vous de votre présidence du Medef ? François Caillé : J’ai été élu en février 2005 et mon mandat s’achèvera en mai prochain. C’est la dernière ligne droite. Beaucoup de choses ont été accomplies même s’il en reste énormément encore. Mon objectif premier était de remettre l’entreprise au cœur des débats et je pense que celui-ci a été en grande partie atteint. Le Medef a retrouvé sa place, entre autres, en étant l’un des inspirateurs du groupe de réflexion et de proposition, formé avec la CGPME, la Chambre de commerce, l’Adir et l’Agence de développement, que nous avons baptisé « La Réunion économique ». C’est vraiment un événement majeur car c’est la première fois que l’ensemble des forces économiques se retrouvent ainsi unies avec un seul objectif : bâtir.
Une union économique qui n’est pas forcément évidente... F.C. : Cela a été une vraie révolution culturelle car nous étions bons séparément, ou collectivement parfois, comme pour défendre la défiscalisation par exemple, mais assez absents des débats en matière de prospective. Ce que nous reprochaient les politiques avec raison. Il était trop facile de critiquer sans avoir fait l’effort de dire ce que nous voulions. En un an et demi d’existence, « La Réunion économique » a fait un très gros travail qui porte ses fruits puisqu’en plus des initiateurs de la démarche sont désormais présentes les trois chambres consulaires, le Conseil économique et social régional, la Fédération du BTP, le Comité des pêches et la Technopole est intéressée pour nous rejoindre. C’est un instrument indispensable pour être efficace.
Parmi les grands thèmes concernant l’avenir de La Réunion, il y a la future loi-programme pour l’Outre-mer. Faut-il parler d’une seule voix pour se faire entendre ? F.C. : Nécessairement. Nous avons trop vécu par le passé des changements déstabilisants. Ainsi, fin 2005, deux ans après que la loi d’orientation sur l’Outre-mer fut votée, elle était remise en cause. Nous nous sommes fortement mobilisés car il était anormal de changer les règles du jeu en cours de route. Cela a été un élément fédérateur fort ayant permis de sauver ce qui devait l’être. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy nous a confirmé que le socle de l’économie domienne ne changerait pas. Il a également proposé d’y ajouter un étage supplémentaire avec la Zone franche globale d’activité. C’est ce sur quoi nous travaillons tous, monde économique comme élus et administratifs, avec l’appui de la Région. Même si nous ne sommes pas toujours du même avis, nous déployons davantage de force lorsque nous débattons et travaillons en collaboration sur les idées essentielles.
Jusqu’où une telle union peut-elle aller ? Il y a tout de même des limites ? F.C. : Nous nous inscrivons dans un cadre encore plus large que La Réunion en nous appuyant sur la Fedom (Fédération des entreprises de l’Outre-mer) qui a été relancée et marche très bien grâce à son président, Guy Dupont. Nous avons réussi à resserrer les liens avec les autres DOM, ce qui nous donne encore plus de poids. Dans ce domaine, La Réunion donne vraiment l’exemple. En Guyane, une union comme la nôtre a été créée et les Antilles souhaitent y parvenir. Mais cela n’est possible qu’à travers les hommes. Les relations ont été apaisées avec la Chambre de commerce par exemple, mais tout cela ne repose que sur quatre ou cinq hommes avec de la confiance et de l’amitié. Le travail réalisé est très encourageant et c’est cette démarche que nous voulons poursuivre, décliner du local au national. De mon action à la tête du Medef, c’est vraiment ça le plus important.
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