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  No.244 - JUILLET 2010
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Les ports de la façade est-africaine : dynamiques d’intégrations et d’exclusions
Retraites : un projet de réforme gouvernemental décevant
  
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Lors du référendum du 29 mars 2009, les Mahorais se sont prononcés en faveur du statut de département.
La départementalisation de Mayotte est-elle une bombe à retardement ?

DÉBAT L’Afrique Réelle (*) de Bernard Lugan s’en prend, dans son numéro de février, au changement de statut de l’île française de l’archipel des Comores. Un dossier qui arrive un peu tard...

Il y a un an jour pour jour, alors que Mayotte vivait les derniers moments d’une morne « campagne » électorale avant le référendum du 29 mars 2009, L’Eco austral s’était ému de l’absence de débat. Ce n’est jamais très bon pour la démocratie, d’autant plus que le scrutin a révélé un taux d’abstentions de 38,63%. Le score de 95,25% en faveur de la départementalisation de­vait donc être relativisé. En réalité, seuls 57,64% des électeurs de Mayotte se sont prononcés ouvertement pour le oui. Quoi qu’il en soit, les dès sont jetés et le processus engagé. C’est pourquoi le dossier de l’Afrique Réelle semble arriver après la bataille même s’il a l’intérêt de poser quelques questions gênantes. Gênantes mais pas toujours convaincantes. Le refrain sur les « danseuses de la France » n’est pas nouveau. À travers ses travaux d’historien, Bernard Lugan lui-même a d’ailleurs très bien montré le renversement des opinions, en France, concernant les colonies. Le grand mouvement de co­lonisation, au XIXe siècle, a démarré avec la gauche qui voulait apporter « les Lumières du progrès » aux peuples encore dans les ténèbres. Les discours d’un Jean Jaurès en témoignent. À ce moment-là, la droite estime que les colonies vont surtout coûter très cher sans rien rapporter. L’histoire lui donnera raison puisque les études menées par les historiens, en particulier par Jacques Marseille (1), ont montré que, loin de piller ses territoires ultramarins, la France payait les produits qu’elle leur achetait à des prix supérieurs à ceux du marché mondial. Sans oublier les milliards engloutis dans les infrastructures, la santé et l’éducation. Bernard Lugan n’a pas manqué de relever (2) le fait que les pays d’Europe n’ayant pas eu de colonies ou bien les ayant abandonnées de bonne heure sont les plus riches. L’un des plus pauvres - le Portugal - est celui qui a « lâché » le plus tard ses possessions d’Afrique.
Après la seconde guerre mondiale, lorsque le grand mouvement de décolonisation s’est mis en marche, stimulé par la guerre froide, la droite française a pris la défense des colonies alors qu’une partie de la gauche - principalement le parti communiste - soutenait la décolonisation selon les directives de Moscou. 

Une économie sous perfusion, oui mais...

Aujourd’hui, il reste à la France ses « confettis d’empire » qui, néanmoins, ne pèsent pas rien puisqu’ils représentent 10,9 millions de km2 de Zones économiques exclusives (ZEE). Le deuxième domaine maritime mondial qui donne à la France une place que d’autres pays lui envient et, surtout, qui ne manque pas de perspectives économiques. Nous aurons l’occasion de revenir ci-après sur ce volet géopolitique de la France ultramarine (voir aussi notre encadré).
Pour en revenir au dossier de l’Afrique Réelle sur Mayotte, il reprend les chiffres de l’IFRAP (Institut français pour la recherche sur les administrations, « think tank » libéral) - cités en leur temps par L’Eco austral - qui évalue à 635 millions d’euros en 2009 le coût de Mayotte pour les contribuables français, contre 523 millions en 2008. C’est moins que ce qu’aurait coûté la campagne de vaccination contre la grippe A si le gouvernement avait été jusqu’au bout de ce projet ridicule, mais c’est trop pour ceux qui voient dans Mayotte une « danseuse de la France ».  En 2012, le même IFRAP évalue à plus d’un milliard d’euros les transferts de l’État vers le nouveau département. Il est incontestable que l’économie de Mayotte est essentiellement assistée. À ce sujet, les chiffres de la balance commerciale sont éloquents : 5 millions d’exportations (l’aquaculture exclusivement) pour 274 millions d’importations. 92% des entreprises sont unipersonnelles. Le Conseil général, comme la plupart des communes, est en faillite financière à la suite d’une gestion des fonds publics qui, selon le mot du préfet Derache, doit changer de culture. Le taux de chômage atteint 30% et les revendications pour l’alignement rapide des avantages sociaux sur la Métropole vont se faire entendre de plus en plus fort. Mais il faut quand même remarquer que bon nombre de départements de l’Hexagone consomment plus de richesse qu’ils n’en produisent et que, si l’on devait s’en tenir aux régions qui « rapportent », le territoire français se ...


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