 | |  | | OPINION | Imprimer cet article | |  |  |  |  |  |  | | | « Pas plus qu’il n’existe de climat arctique moyen, il n’existe de climat hémisphérique moyen, et encore moins
de climat global. » | | |  |  |  | « L’homme n’est en aucune façon responsable du changement climatique. »
Peu avant son décès en août 2008, Marcel Leroux, une sommité dans le monde de la climatologie, avait accordé à Bernard Lugan un entretien qui démontait le mythe du réchauffement global. Le voici en exclusivité pour les lecteurs de L’Eco austral...
Bernard Lugan : Marcel Leroux, vous êtes climatologue spécialiste des zones tropicales et plus particulièrement de l’Afrique. Avant de parler de ce continent, pourriez-vous nous expliquer comment est né le mythe du réchauffement global que vous définissez comme un « scénario gratuit » ? Marcel Leroux : La manipulation, car il y a manipulation, débute en 1988, quand les Etats-Unis vivent dramatiquement une sécheresse accompagnée de vents de poussière, qui évoquent pour eux les tristes années 1930 du « dust-bowl » (célèbre dans la littérature par « Les raisins de la colère » de J. Steinbeck). J. Hansen, de la NASA, présente en juin 1988 devant le Congrès une courbe sur laquelle il ajoute astucieusement à des moyennes annuelles une moyenne établie sur les cinq derniers mois, ce qui a pour effet de faire grimper artificiellement la courbe thermique des Etats-Unis. Ce procédé malhonnête déclenche alors la « panique climatique » (déjà préparée de longue date par les mouvements écologistes) qui conduit rapidement (en 1989) à la création du GIEC (Groupement intergouvernemental pour l’étude du climat - Ndlr). À partir de cette date, le nombre de prétendus climatologues augmente de façon vertigineuse (le plus souvent autoproclamés ou désignés par les gouvernements, comme cet « expert national chargé du changement climatique » qui est... physicien nucléaire !). Le climat devient l’affaire des organisations écologistes, de journalistes dits scientifiques, des médias et des politiques. Dans le même temps, tout est hyper simplifié, et devient même ultra simpliste : l’effet de serre, et notamment le CO2, « est » (sans discussion possible) le facteur « unique » du changement climatique et de tous les phénomènes météorologiques ! Il faut préciser que le GIEC, dans ses différents rapports (1990, 1995, 2001 et 2007), établit les bases scientifiques du climat (cf. www.ipcc.ch), mais de façon très orientée. Car il n’existe pas de consensus parmi les scientifiques, et tous les « sceptiques » sont systématiquement écartés, ce qui évite ainsi « officiellement» tout débat (1). Ces rapports scientifiques servent à des délégués désignés par les gouvernements, et dénommés « experts » (donc des politiques ou des scientifiques politisés), à établir (comme à Paris en février 2007) le Résumé pour Décideurs (Summary for Policymakers). C’est à l’occasion de ces réunions que sont orchestrés, avec force simplifications et marchandages, voire mensonges éhontés, les « coups » médiatiques destinés à impressionner l’opinion, comme en 1995 lorsque est introduite (hors débat scientifique) la phrase, toujours non prouvée, de « la responsabilité de l’homme dans le changement climatique ». On est alors très loin du climat lui-même ! Mais c’est ce document qui fait « autorité », qui est diffusé et exploité par les politiques et par les médias qui surenchérissent dans le catastrophisme du réchauffement... avec la même assurance et la même vigueur que dans les années 1970 lorsqu’ils annonçaient le retour d’un « nouvel âge de glace » !
Né le 27 août 1938 et décédé le 12 août 2008, Marcel Leroux, professeur émérite de climatologie à l’université Jean Moulin Lyon III, fut le directeur du LCRE (Laboratoire de climatologie, risques, environnement) du CNRS (UMR 5600, Lyon). Membre de l’American Meteorological Society et de la Société météorologique de France, il est l’auteur de plusieurs ouvrages climatologiques fondamentaux. |
« L’effet de serre est principalement, et de très loin (de l’ordre de 95%), associé à la vapeur d’eau. Le dioxyde de carbone, ou CO2, ne représente quant à lui que 3,62% de l’effet de serre, soit 26 fois moins que la vapeur d’eau. »
Au centre des alarmes du GIEC se trouve la question de l’effet de serre et du CO2 dont on nous dit que leurs augmentations procèdent de causes humaines. Qu’en est-il exactement ? L’effet de serre est principalement, et de très loin (de l’ordre de 95%), associé à la vapeur d’eau. Le dioxyde de carbone, ou CO2, ne représente quant à lui que 3,62% de l’effet de serre, soit 26 fois moins que la vapeur d’eau. La vapeur d’eau étant à (presque) 100% d’origine naturelle, comme la majeure partie des autres gaz émissifs (CO2 et CH4 ou méthane), l’effet de serre est donc essentiellement un phénomène naturel. Une faible proportion (effet de serre dit anthropique) peut être attribuée aux activités humaines, pour une valeur totale de 0,28% de l’effet de serre total, dont 0,12% pour le seul CO2, c’est-à-dire une proportion insignifiante, voire tout à fait négligeable. Cela n’empêche pas le GIEC de fausser complètement les données du phénomène de l’effet de serre, ni d’hyper simplifier la « science », en ignorant la vapeur d’eau et en considérant qu’il existe une relation (très hypothétique) entre le CO2 et la température. Or, pour établir une relation directe entre ces deux paramètres, il conviendrait d’abord de savoir si le taux de CO2 mesuré est représentatif de la concentration réelle. Le niveau de concentration en CO2 est mesuré depuis 1958 par la méthode spectroscopique (à partir d’un gaz de référence). « Les laboratoires Keeling délivrent les gaz de référence à travers le monde et ont le monopole de la calibration » (E. Beck, 2006). Les mesures précédentes faisaient appel à des méthodes chimiques, qui pour l’essentiel ont été ignorées par Keeling. Pourtant, la détermination chimique ne montre pas de concentration préindustrielle de 285 ppm (2)(cf. GIEC), mais une moyenne de 321 ppm au XIXe siècle et 338 ppm au Xxe siècle, de fortes variations de concentration, notamment au XXe siècle où le niveau le plus élevé a atteint 420 ppm vers 1942, et révèle de fortes contradictions avec les reconstructions issues des glaces, qui ne sont pas comparables avec les mesures atmosphériques. Une telle comparaison ne peut être valide que pour une période très récente, c’est-à-dire pour les niveaux proches de la surface. Z. Javorowski (2004) a en effet démontré que de nombreux processus « modifient drastiquement la composition chimique des bulles d’air emprisonnées dans la glace », et qu’ainsi « les concentrations en CO2 des inclusions de gaz dans la glace polaire profonde révèlent des valeurs inférieures à celles de l’atmosphère contemporaine ». Il est donc stupide de prétendre que les valeurs « actuelles », qui sont elles-mêmes peu pertinentes, n’ont jamais été aussi élevées (depuis... 650 000 ans selon la dernière affabulation !), puisque les valeurs estimées et les mesures directes ne sont pas comparables. Les chimistes glaciologues (comme J. Jouzel) devraient donc, avant de se proclamer climatologues, prouver qu’ils sont capables de fournir une estimation fiable des valeurs passées ! En outre, les études paléo climatiques n’ont pas révélé de relation entre le CO2 et la température. Notamment (en sus des erreurs d’appréciation soulignées ci-dessus) parce que 100 ppm séparent des périodes aussi différentes que le DMG (Dernier Maximum Glaciaire : 5°C de moins que l’actuel) et l’OCH (Optimum Climatique Holocène), et parce que l’OCH a connu 2 à 3°C de plus que l’actuel pour une valeur supposée d’environ « 300 ppm », qui est inférieure au taux actuel. Également parce qu’une hausse de la température précède une hausse du taux de CO2 (avec un décalage de l’ordre de 800 ans et souvent davantage). Alors, pourquoi une relation qui n’a pas fonctionné dans le passé fonctionnerait-elle dans le présent ? En conséquence, aucune relation causale, physiquement fondée, prouvée et quantifiée, n’a été établie entre l’évolution de la température (hausse, mais aussi baisse) et la variation de l’effet de serre par le CO2. A fortiori, aucune relation n’est démontrée entre les activités humaines et le climat : l’homme n’est en aucune façon responsable du changement climatique.
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