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  No.228 - FÉVRIER 2009
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«_Nous_allons_subir_une_hyper-inflation_en_ _et_ _»>Pierre Leconte :
« Nous allons subir une hyper-inflation en 2009 et 2010 »
  
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La Fed (Federal Reserve)à Washington. Par sa politique de baisse permanente du taux de crédit pour soutenir la croissance américaine, elle se situe à l’origine de la crise qui a contaminé les autres pays.
Pierre Leconte :
« Nous allons subir une hyper-inflation en 2009 et 2010 »


CRISE Cet économiste enchaîne depuis plusieurs années des livres qui se lisent comme des boules de cristal. C’est pourquoi son nouvel ouvrage, à paraître en mars 2009, a de quoi nous inquiéter.

L’Eco austral : En 2002, votre livre « La Tragédie monétaire » (éditions François Xavier de Guibert) annonçait déjà la crise financière et monétaire qu’on connaît aujourd’hui. Avec « La Grande crise monétaire du XXIe siècle a déjà commencé » (éditions Jean Cyrille Godefroy), en 2007, et les « Les faux-monnayeurs » (éditions François Xavier de Guibert) en 2008, vous avez enfoncé le clou. En mars prochain, vous allez publier « Hyper-inflation : de la crise financière à la crise monétaire » (édition Jean Cyrille Godefroy). À vous lire, il semble bien que tous les événements qui se déroulent depuis près de deux ans étaient prévisibles ?

Pierre Leconte : Je dirai que, non seulement ils étaient prévisibles, mais qu’ils étaient même inéluctables. On peut citer quatre causes principales à l’origine de la crise actuelle :

1°) Les politiques monétaires ultra-laxistes menées par les principales banques centrales occidentales dans le seul but de faire monter toujours plus haut les marchés financiers (actions et obligations) et immobiliers, dont elles attendaient que leur appréciation - pensaient-elles fort naïvement à l’infini - crée un « effet richesse » permanent stimulant la consommation des particuliers et l’investissement des entreprises ;
2°) Les énormes gaspillages budgétaires organisés par les principaux États occidentaux pour obtenir leur financement autrement que par l’impôt, de manière à dissimuler l’hypertrophie des « États-providence » dont le coût est devenu très excessif en regard des services rendus ;
3°) La faillite des « régulateurs » nationaux et internationaux qui ont encouragé les mauvaises pratiques au nom d’une fausse conception du libéralisme (devenu gangstérisme avec les opérations de titrisation) en laissant les produits spéculatifs toxiques de toute nature se propager partout, par suite de la non application de la plupart des règles de gouvernance qu’ils étaient censés suivre ;
4°) L’incompétence, la mégalomanie ou la cupidité inouïes des hauts dirigeants (en général désignés par « copinage » politique) de certaines des plus grandes banques commerciales ou d’affaires, et de certains traders fous, qui ont ruiné leurs établissements sans même comprendre comment.

Au fil de vos ouvrages, vous vous en prenez aux banques centrales et aux États qui ont été incapables de promouvoir un système monétaire international (SMI) compatible avec l’accélération de la mondialisation.src= Ce n’est donc pas le libéralisme sauvage qui est responsable de la crise, contrairement à ce qu’on entend dire très souvent ?

Bien évidemment ! Ce n’est pas le libéralisme qui s’est imposé. On peut citer, par exemple, l’effet destructeur entretenu par le pseudo « étalon-dollar » imposé par les Etats-Unis, l’hyper-puissance jusqu’ici dominante, à son profit principal parce que lui permettant de vivre constamment à crédit !
Loin d’avoir corrigé leurs erreurs et de s’être attelés, dès le début des évènements, à la mise en place d’un mécanisme monétaire international stable et coopératif, les banques centrales et les États, en Occident, ont réagi à la crise financière puis économique dans la panique en administrant des pseudo remèdes (de nature marxiste ou keynésienne) bien pires que le mal à traiter. En particulier, une création monétaire massive ex-nihilo par nature inflationniste qui n’a aucun équivalent dans l’histoire, la reprise d’un montant considérable d’actifs toxiques contaminant ainsi les bilans déjà très précaires des banques centrales occidentales, des plans de relance très excessifs non financés au préalable qui font exploser les déficits budgétaires déjà très élevés, des nationalisations en cascade de la plupart des banques ou entreprises de la zone euro-américaine en difficulté financière ou au bord de la faillite par suite de leur mauvaise gestion. Alors même qu’on ne peut pas combattre une crise de sur-endettement par l’émission de plus de dettes encore, mais seulement par l’éclatement organisé de tous les acteurs devenus insolvables afin de repartir sur des bases assainies.

Les banquiers sont-ils des faux-monnayeurs ?
« Par essence, la création monétaire ex-nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent ne sont pas les mêmes. » Cette analyse du prix Nobel d’économie Maurice Allais a sans doute inspiré Pierre Leconte dans le choix du titre du livre qu’il a publié en avril 2008 (« Les faux-monnayeurs » - éditions François-Xavier de Guibert). Rien à voir avec le célèbre roman d’André Gide ! Ce livre se lit néanmoins facilement et permet au novice de comprendre que l’économie actuelle repose en grande partie sur du papier plutôt que sur des biens réels.
« Lorsque la monnaie cesse d’être un bien réel ou de se référer à un bien réel, elle devient un bon d’achat peu discernable du crédit », écrivait Raymond Aron. Le monde entier vit à crédit... Jusqu’à quand ? 

Peut-on comparer la crise actuelle avec celle de 1929 ?

Les similitudes sont évidentes quant à son origine et quant à la façon dont elle a trouvé un épilogue, même si le processus de crise occidentale actuelle a beaucoup plus à voir avec les multiples crises de solvabilité ayant affecté les pays d’Amérique du Sud comme l’Argentine. Sur son origine, je reprendrai les argumentations de Ludwig von Mises selon lequel « les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales ». L’étalon-or - qui n’était plus en vigueur depuis 1914 - ne fut aucunement responsable de la crise de 1929 (contrairement à ce qu’a affirmé Keynes). C’est tout au contraire sa liquidation qui a conduit au désastre, exactement comme la crise actuelle vient elle-même de cette bulle d’argent trop facile entretenue depuis des années par la banque centrale américaine sous la présidence d’Alan Greenspan. src=Sur l’épilogue de la crise de 1929, il faut dénoncer une autre imposture keynésienne en rétablissant la vérité : ce n’est pas le fameux New Deal (politique de grands travaux lancée par le président Roosevelt en 1932 et théorisée par Keynes en 1936) qui sortit l’Amérique de la dépression et du chômage de masse, mais bel et bien la guerre elle-même qui transforma les Etats-Unis en atelier militaire des puissances alliées contre l’Allemagne nazie et le Japon impérial.

Votre nouveau livre, à paraître en mars, annonce de l’hyper-inflation et pourtant, la plupart des analystes parlent plutôt de déflation, c’est-à-dire son contraire ?

Encore une fois, permettez-moi de citer Ludwig von Mises : « Il faudra bien que l’on comprenne que les tentatives d’abaisser artificiellement, par l’extension du crédit, le taux d’intérêt qui se forme librement sur le marché ne peuvent aboutir qu’à des résultats provisoires et que la reprise des affaires, qui intervient au début, sera forcément suivie d’une rechute plus profonde, laquelle ...


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