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 | |  | | SOCIÉTÉ| MAURICE ET MADAGASCAR | Imprimer cet article | |  |  |  |  |  |  | | | Avec 8 000 salariés, soit à lui seul près de 20% de toute la main-d’œuvre de la zone franche industrielle de Tananarive, CIEL Textile est de très loin le premier employeur mauricien dans la Grande île. | | |  |  |  | Les entreprises mauriciennes face à la crise malgache
BILAN Déjà échaudées par la crise de 2002, elles en ont subi une seconde en 2009. Mais elles ne quittent pas pour autant la Grande île et croient toujours en son avenir.
Tout a commencé le 12 décembre 2007. À tout juste 37 ans, Andry Rajoelina devenait le premier magistrat de Tananarive. Une troisième vie qu’entamait alors l’ex-disc-jockey devenu célèbre, à partir de 1994, en faisant danser jusqu’au bout de la nuit la jeunesse dorée de la capitale malgache au cours des soirées « Live ». C’était avant de fonder, quelques années plus tard, la société Injet, spécialisée dans la communication et l’évènementiel, avec le soutien de la FIARO (Financière des investissements des assurances ARO). Le succès est très vite au rendez-vous et le nez creux du trentenaire est reconnu par ses pairs. Il est élu « Manager de l’année » en 2000 par L’Eco austral, succédant ainsi au palmarès à... Marc Ravalomanana, président à venir de l’État malgache. Les similitudes entre les deux hommes ne s’arrêtent pas là. Outre le fait d’avoir démarré une carrière d’entrepreneur avant de s’aventurer en politique, les frères ennemis sont tous deux originaires des Hauts plateaux de la Grande île.
La seule solution : des élections libres et transparentes
Ne supportant pas l’élection dans son bastion de celui qu’on surnomme TGV, en référence à son tempérament de fonceur, Marc Ravalomanana commence à lui mettre des bâtons dans les roues. Dès le 31 janvier 2008, un arrêté du ministère des Finances et du Budget classe la trésorerie municipale en 5e catégorie, la privant ainsi d’autonomie financière. Le challenger, Andry Rajoelina, patientera jusqu’au 17 janvier 2009 pour déclarer officiellement la guerre, dénonçant devant plus de 20 000 personnes une « dictature générale » à Madagascar. Deux mois plus tard, il parvient à ses fins. Marc Ravalomanana capitule. Des platines au palais d’Iavoloha, l’autoproclamé « président de la Haute autorité de transition » pense avoir fait le plus dur, mais ses ennuis ne font que commencer. Car à la différence de président démissionnaire, il n’est pas arrivé à la tête de l’État à la faveur d’un scrutin national. Suspension de l’aide des bailleurs de fonds et de celle non humanitaire des Etats-Unis, perte du bénéfice de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA - Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique), accords de Maputo sur le partage du pouvoir exécutif entre quatre protagonistes au lieu de deux à l’origine, quasi-paralysie de l’administration... Le piège se referme peu à peu sur l’homme fort de Madagascar et la situation paraît inextricable. Seules des élections libres et transparentes permettront au pays de sortir de l’ornière.
Une cinquantaine d’entreprises mauriciennes présentes
Invité à l’occasion du Regional Business Forum (voir notre édition d’août 2008) commémorant les quarante ans de relations diplomatiques entre les deux îles, Bruno Ranarivelo, ambassadeur de Madagascar à Maurice, constatait que « la crise politique de 2002 avait laissé beaucoup de cicatrices. On m’a chargé de panser les plaies et il a fallu restaurer la confiance chez nos frères mauriciens. Malgré les déclarations d’amour, il n’y avait jusqu’alors aucun accord pour nous permettre de travailler dans un meilleur cadre, hormis l’entente sur la non double imposition. Une chose est sûre : Madagascar a besoin de Maurice autant que Maurice a besoin de Madagascar ». Il ne croyait pas si bien dire. Plus d’une cinquantaine d’entreprises mauriciennes, et non des moindres, sont présentes sur la « Terre des ancêtres ». Et parmi celles-ci, les grands groupes tiennent le haut du pavé. Pour une raison évidente : le marché local étant trop étroit, la recherche d’opportunités dans la région proche est inéluctable. Toutes les activités économiques sont représentées, du textile à l’hôtellerie, en passant par la banque et le fret maritime. Bruno Ranarivelo, désormais doyen du corps diplomatique mauricien, a instauré en 2007 les Madagascar-Mauritius Investment Awards (MMIA) pour récompenser la présence des investisseurs mauriciens dans son île. La dernière soirée en date a eu lieu le 11 décembre 2008. Toute la crème du secteur privé mauricien, de même que plusieurs ministres, y compris le Premier d’entre eux, ont fait le déplacement à Floréal, à la résidence de l’ambassadeur malgache. Une cérémonie aussi fastueuse que réussie, conclue par un flamboyant feu d’artifice. Tout cela semble bien loin aujourd’hui. Naturellement, il n’y a pas eu d’édition 2009 des MMIA.
Les investissements directs étrangers ont chuté
Selon la Mauritius Commercial Bank (MCB), les estimations de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la Grande île en 2009 sont négatives (- 0,2%), malgré le développement des exploitations minières, les investissements privés et la production agricole. En cause : la baisse de la demande extérieure, les troubles politiques et l’assèchement des flux de capitaux. Un tarissement des investissements directs étrangers (IDE) très marqué dans le cas particulier de Maurice (voir notre graphique). En effet, depuis le pic ...
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