Au 30 novembre, la grippe A dite « porcine », à virus H1N1, avait fait 86 victimes en France - pour l’essentiel des sujets à risques (âge élevé, pathologies multiples, etc.) alors que la grippe saisonnière tue chaque année plus de 2 000 personnes. Autant d’éléments qui permettent de s’interroger sur la psychose qui a été entretenue et sur la nécessité d’inciter toute la population à se faire vacciner. Le Groupe d’expertise et d’information sur la grippe (GEIG) a joué un rôle majeur dans cette opération de communication. Créé en 1979, il s’agit d’une association loi de 1901 (n’ayant donc rien d’officiel), intégralement financée par cinq laboratoires pharmaceutiques français (400 000 euros annuels). D’ailleurs, son directeur général est Bertrand Verwee, directeur marketing de Sanofi-Pasteur-MSD. Elle comporte un conseil scientifique de quinze membres. Son président, le Dr Bruno Lina, professeur de médecine au CHU de Lyon et « expert pour le risque pandémique auprès du ministère de la Santé », était présent à la tribune, le 20 octobre, juste à côté de Roselyne Bachelot, lors du lancement officiel de la campagne de vaccination (cf. notamment « Les Multiples casquettes du professeur Lina », Le Parisien, 29 octobre 2009). Il devait répéter qu’il était « très important de se faire vacciner » contre le virus. Il joue donc sur deux casquettes, comme la plupart des membres du conseil scientifique du GEIG : prescripteur et collaborateur de laboratoires comme Roche, Sanofi, GSK et BioMérieux. Dans Lyon Mag (16 juillet), ses propos donnaient froid dans le dos puisqu’il expliquait qu’il s’employait à faire muter le virus de manière à le rendre plus dangereux : « Les travaux que l’on mène concernent le virus H1N1, dans lequel on introduit un gène de virulence pour savoir si celui-ci l’accepte et s’il devient du même coup plus dangereux. Pour l’instant, le virus a beaucoup de mal à acquérir le facteur de virulence. Mais notre objectif est d’avoir un coup d’avance par rapport à ce qui pourrait se passer dans la nature. » Il ajoutait : « La vaccination est le pilier de la lutte contre la pandémie. Il va nous permettre de réduire très significativement le phénomène. Selon un modèle mathématique, si on arrive théoriquement à vacciner 90% des enfants, on réduit la taille de la pandémie et le nombre de personnes infectées de moitié à l’échelle française, soit 12 millions au lieu de 24 millions. »
Un rapport accablant de « Der Spiegel » sur les risques des vaccins
Le problème posé par les adjuvants. Un adjuvant (comme le AS03 utilisé pour le vaccin de GlaxoSmithKline, le Pandemrix, seul vaccin actuellement disponible en France) est une substance chimique utilisée pour rendre un vaccin plus efficace, ce qui permet d’utiliser une dose d’antigènes plus faible. La question est de savoir l’impact que pourrait avoir un nouvel adjuvant sur les maladies auto-immunes qui sont justement causées par un dérèglement du système immunitaire. Le vaccin H1N1 de GSK contient quatre fois moins d’antigènes grâce à l’ASO3, un mélange de squalène et de polysorbate. Un tel adjuvant n’a jamais été utilisé auparavant dans un vaccin commercialisé à grande échelle, et peut donc déclencher des réactions immunitaires excessives et augmenter la fréquence d’effets secondaires rares, mais graves et dangereux comme le syndrome de Guillain-Barré (déjà au moins un cas), lequel entraîne une destruction du système nerveux et conduit à la tétraplégie. Les adjuvants peuvent influencer la sécurité des vaccins de façon complètement imprévisible, comme on l’a vu, par exemple, avec le vaccin anti-méningo-encéphalite à tiques Ticovac, qui a dû être retiré du marché en 2001, quatorze mois après son lancement, en raison d’effets secondaires graves et fréquents. Quatre-vingt-onze cas d’effets indésirables, dont quatre considérés comme « graves », étaient déjà signalés par le bulletin de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé dans son bilan du 13 novembre (et on n’en était qu’au tout début de la campagne de vaccination...). On appréciera d’autant la remarque particulièrement odieuse de Roselyne Bachelot, interrogée sur le premier cas de syndrome de Guillain-Barré constaté chez une femme vaccinée : « Si on fait la une des journaux à chaque rougeur ou mal de tête, on est mal barré (« Public Sénat », 13 novembre). »
Il se produit également parfois des erreurs entraînant des contaminations. Exemple récent, à la mi-mars 2009, la presse révélait ...
 |
Pour accèder à la totalité de l'article, devenez membre du club des abonnés.