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  No.244 - JUILLET 2010
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SOCIÉTÉ| MAURICE ET RÉUNION Imprimer cet article
Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur de la France : « Je suis convaincue que les préjugés s’estompent de part et d’autre. Les courants d’affaires croissants entre La Réunion et Maurice en sont la plus belle illustration. »
« La Réunion et Maurice ont toutes les raisons de s’entendre »

ENTRETIEN En visite à Maurice le 8 mars, la ministre françaisedu Commerce extérieur prêche pour l’intégration régionale et la coopération de ce pays avec sa voisine.

L’Eco austral : Madame la ministre, lors de votre visite à Maurice, le 8 mars, vous avez animé un séminaire sur les relations entre Maurice et La Réunion. Pourquoi avoir retenu ce thème ?

Anne-Marie Idrac : J’ai effectivement tenu personnellement à ce que ce séminaire se tienne entre entreprises de Maurice, de la Réunion et de Mayotte. La présence de ces territoires français dans l’océan Indien est un atout essentiel dans notre relation avec Maurice. Je constate avec satisfaction que les relations entre ces îles sont plus denses qu’il n’y paraît a priori. La qualité et la diversité de l’audience ayant répondu favorablement à l’invitation des chambres de commerce et d’industrie des trois îles en est d’ailleurs le plus bel exemple. Je remercie sincèrement ces organes consulaires ainsi que l’Union des chambres de commerce et d’industrie des îles de l’océan Indien pour leur mobilisation impressionnante. En l’espace de quelques semaines, nous avons réussi à mobiliser plusieurs dizaines d’entreprises mauriciennes, réunionnaises et mahoraises. J’y vois un témoignage de l’intérêt que portent les milieux d’affaires au développement des échanges dans l’océan Indien. Je me réjouis en outre que ces relations économiques ne soient pas seulement le fruit de partenariats entre de grands groupes, mais aussi de courants d’affaires entre PME.

Les échanges restent très limités. Comment peut-on les doper ?
Les échanges restent effectivement modestes et asymétriques, mais ils se développent. Je pense que La Réunion et Maurice ont des caractéristiques communes qui militent pour un rapprochement et des partenariats. Le développement de cette relation, et plus généralement de l’intégration régionale, me paraît indispensable. Je crois d’ailleurs savoir que le succès et la nais­sance de votre magazine, l’Eco austral, repose sur ce constat : l’avenir de cette région de l’océan Indien passe par le renforcement des relations économiques entre les îles.

Durant ce séminaire, deux thématiques ont été abordées : le développement durable et le tourisme. Peut-on considérer que ce sont deux secteurs prioritaires pour la coopération entre les îles ?
Comme l’a affirmé le président de la Ré­pu­bli­que lors de son récent déplacement dans la ré­gion, La Réunion fait figure d’exemple en étant le territoire de la République française qui a le pourcentage d’énergies renouvelables le plus im­portant. La Réunion peut faire profiter Maurice de son savoir-faire et de ses technologies. Les pro­jets « GERRI » et « Maurice île durable » peuvent devenir des exemples pour le monde, et nous sommes convaincus que nos entreprises sau­­ront développer des synergies dans ce domaine.
Quant au tourisme, les chiffres montrent que Maurice est une locomotive pour le tourisme régional, et les autres îles ont tout à gagner à s’y arrimer, chacune faisant valoir ses spécificités qui sont complémentaires. Le potentiel de développement des échanges est donc fort, mais son succès dépendra de notre capacité à proposer des ...


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