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 | |  | | SOCIÉTÉ| MAURICE ET RÉUNION | Imprimer cet article | |  |  |  |  |  |  | | | Xavier-Luc Duval, Vice-premier ministre de Maurice et Paul Vergès, président de la Région Réunion | | |  |  |  | Maurice-Réunion : sœurs amies ou ennemies ?
RÉGION Amitiés et plus si affinités... Malgré les préjugés et les différences culturelles, la coopération se développe entre les deux îles, tirée par les entreprises.
« Je t’aime moi... non plus. » Ce titre d’un film et d’une chanson de Gainsbourg pourrait s’appliquer aux relations qu’entretiennent les deux voisines de l’archipel des Mascareignes. Deux îles unies au XVIIIe siècle par la volonté d’un Mahé de La Bourdonnais qui avait déjà la « vision » d’une synergie régionale, faisant de l’Isle de France (Maurice) une plateforme maritime et de l’Isle Bourbon (La Réunion) un grenier agricole. Mais au XIXe siècle, l’une devenant anglaise et l’autre demeurant française, ce sera la séparation. Si l’on y ajoute l’immigration indienne plus forte à Maurice, on comprend mieux les différences culturelles qui ont éloigné deux îles séparées par seulement 200 km d’océan. Sans oublier qu’en 1968 - au moment où Michel Debré consolide à La Réunion la départementalisation votée en 1946 à la demande de la gauche -, Maurice devient indépendante. Le bouillant député de La Réunion veut éviter tout risque de contamination et les regards se tournent vers la France, négligeant une voisine qui appartient au « tiers-monde » et illustre la voie qu’il ne faut pas suivre. Au vrai, les idées indépendantistes ne fleuriront guère dans le département français, sans doute en raison de la puissance du Parti communiste qui encadre les mouvements de révolte. C’est du bout des lèvres que Paul Vergès flirtera dans les années 70 avec le concept d’indépendance, prônant « l’autonomie » comme étape vers cette indépendance. Un intermède pour celui qui préside aujourd’hui le Conseil régional dont le domaine de compétences comprend les grands dossiers économiques de l’île et la coopération régionale (avec même un volet diplomatique).
Le fossé se réduit au fil des ans
Couple séparé, La Réunion et Maurice se parlent néanmoins - d’autant plus facilement que la francophonie est restée forte dans l’ex-colonie britannique - et se fréquentent. Les Réunionnais sont les premiers touristes à se rendre dans « l’île sœur » qui commence tout juste à faire émerger, dans les années 70, ce futur pilier économique. « Je me souviens d’un séminaire, en 1977, sur les relations entre les deux îles, raconte Jean Marie d’Espagnac, consultant, ex-haut cadre de la MCB et à l’époque au sein du groupe Food and Allied. Ce séminaire se tenait à l’hôtel Méridien du Morne et Issop Ravate était venu en personne y participer. Ayant fait connaissance avec un homme d’affaires franco-mauricien, il l’avait invité à venir le voir à La Réunion. Mais il s’était un peu vexé quand son interlocuteur lui avait demandé son adresse. Ce dernier ne savait pas que tous les chauffeurs de taxi et même tous les Réunionnais connaissaient Ravate. » Trente trois ans plus tard, la Mission économique française de Maurice, à la demande de Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État au Commerce extérieur, a organisé le 8 mars dernier un séminaire sur les relations entre les deux îles. Mais entre temps, les choses ont heureusement évolué et le fossé s’est réduit. Les Réunionnais, qui sont environ 100 000 à se rendre chaque année chez leurs voisins, ont pu constater au fil des ans leur développement. Et quand la MCB (Mauritius Commercial Bank) a racheté la BFC à Indosuez, devenant même son actionnaire de référence, en mars 2000, vis-à-vis de la Banque de France, ils ont compris que quelque chose avait changé. Et qui aurait pu imaginer aussi qu’un groupe hôtelier mauricien - Naïade Resorts (filiale du groupe Mon Loisir) - rachèterait en 2008 trois hôtel à La Réunion dont l’un des premiers de l’île, Les Villas du Lagon, devenu Le Grand Hôtel du Lagon ? Malgré le cadre administratif français - qui les effraie quelque peu - les Mauriciens commencent à franchir le pas et à s’implanter dans le département français de l’océan Indien. Selon une étude menée par l’Agence de développement de La Réunion sur l’année 2007, Maurice était le premier investisseur régional, à hauteur de 13 millions d’euros. Cela reste très modeste, mais ne reflète pas forcément la réalité de la coopération qui repose davantage sur des partenariats ou des activités commerciales que sur des investissements massifs. C’est le cas avec la bière Phoenix qui a su conquérir 10% du marché réunionnais. La réussite n’est pas toujours au rendez-vous comme avec l’implantation de l’enseigne Pizza Hut par Happy World (la branche de Antoine Seeyave Jr) qui a été un fiasco.
Il faut surmonter le choc des cultures
C’est parfois un fournisseur commun qui pousse à sceller une alliance. On peut citer le cas de Caterpillar, représenté à La Réunion par le groupe Macé et à Maurice par le groupe IBL. Les deux entreprises ont ...
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